Insatisfaction corporelle

Pourquoi valoriser systématiquement la perte de poids ?

Avez-vous déjà remarqué comme on valorise automatiquement une perte de poids ?

Là aussi comme si la perte de poids était obligatoirement associée à quelque chose de positif…

Le poids est quelque chose de fluctuant qui bouge avec les événements de vie que l’on rencontre. La vie est imprévisible comme notre poids. Grossesse, maladie, vieillesse, accident, stress etc. Il faut accepter qu’il change et que nous ne pouvons pas le maîtriser à 100%. Et là encore une perte de poids n’est pas synonyme de santé.

Témoignage personnel…

Par exemple, pour ma part, la seule fois où j’ai perdu de nombreux kilos, il m’était arrivé un événement très stressant qui avait impacté négativement ma santé et mon appétit. On m’a toutefois fait des compliments sur ma perte de poids…

Au contraire, à un autre moment où j’ai pris quelques kilos en raison d’un traitement médicamenteux et d’une pratique limitée d’activité physique, j’ai eu des remarques sur ma prise de poids. On m’a demandé si ça me gênait ? Or il s’agissait d’une période de ma vie où j’étais particulièrement heureuse et épanouie et la prise de kilos était le dernier de mes soucis. Mais j’ai vraiment ressenti que certaines personnes avaient l’air d’être embêté pour moi et j’avoue que ces commentaires ne m’étaient pas agréable…

On a réellement intégré le réflexe d’associer le poids et la santé. Mais là aussi on oublie que la santé ne se limite pas à l’apparence physique mais également psychique et sociale.

On peut avoir perdu du poids parce qu’on ne va pas bien, parce qu’on a une maladie, qu’on vit une dépression, une période de stress etc…

On peut avoir pris du poids et être parfaitement épanouie dans sa vie…

Et si on essayait d’arrêter les jugements et les commentaires sur le physique et sur le poids ?

D’ ailleurs, il a été montré dans des études scientifiques sur l’insatisfaction corporelle, que les critiques et les commentaires négatifs au sujet de l’apparence physique entre adolescents ou par la famille, représentaient un facteur de risque pour l’insatisfaction corporelle.

Et si au lieu de demander « tu as perdu/pris du poids ? », on demandait plutôt « Es-tu heureux et épanouie dans ta vie » ?

Sources :

Lionel Dany, Michel Morin« Image corporelle et estime de soi : étude auprès de lycéens français », Bulletin de psychologie 2010/5 (Numéro 509), p. 321-334. DOI 10.3917/bupsy.509.0321

Stéphane Cantin et Simina Nicoleta Stan : Les relations avec les pairs à l’adolescence comme facteurs de risque de l’insatisfaction à l’égard de l’image corporelle, Canadian Journal of Behavioural Science 2010 (volume 42, N°2, page 116-126)

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